Quand les arts numériques entrent en résonance avec l’histoire

Hier, jeudi 4 octobre, nous assistions au vernissage de l’oeuvre Lorette, création de Gaëtan Gromer des Ensembles 2.2.

« Relecture contemporaine du monument aux morts, Lorette est un ensemble de sculptures incluant onze douilles d’obus authentiques de la Première Guerre mondiale mises en résonance par un système de percuteurs. Tout au long de l’exposition le dispositif fera entendre 18,6 millions de notes, une pour chaque mort dans le conflit. Par ce procédé de datasonification, Lorette redonne corps à des données de mortalité, tant de fois répétées mais devenues abstraites, si énormes qu’elles dépassent nos facultés de représentations immédiates. En hommage à ceux qui ont perdu la vie, la stèle met en exergue leurs mots au travers du texte de la célèbre Chanson de Lorette. »

Pour l’occasion l’artiste nous a demandé d’exprimer notre vision du lien entre Arts et Société. Nous partageons avec vous quelques unes de nos réflexions pour l’occasion:

« On se représente parfois l’artiste comme un être rêveur et détaché du quotidien, à la recherche d’un idéal souvent purement esthétique. Mais sa place dans la société est primordiale et les œuvres qu’il créé posent non seulement un regard sur le monde d’aujourd’hui mais aussi le décortique, le questionne, et préfigure parfois le monde de demain.

(…)

Son propos artistique permet de faire un pas de coté, de sortir du quotidien, pour expérimenter une donnée connue différemment. 

(…)

Notre conviction, au sein de l’agence CAPAC, est que l’art est un outil au service de la société, un pont entre différentes réalités qui ne va pas jouer sur le bon ou le mauvais, le vrai ou le faux, mais sur le ressenti, l’émotion, le voyage et la créativité.

L’artiste a beaucoup à échanger avec les entrepreneurs, les chercheurs, et même les décideurs, puisque leurs regards et leurs intentions vont souvent dans le même sens : celui de l’avenir. Ils testent des choses, prennent des risques parfois, pour renverser les habitudes et – on l’espère – nous faire tous évoluer.

Alors que depuis les années 90 au Royaume-Uni, de nombreux constructeurs immobiliers intègrent des artistes au sein des équipes (cf. lead artist), il persiste en France une scission entre l’art, la société civile et les entreprises. Pourtant les projets sont tellement plus porteurs de sens lorsqu’ils font collaborer et dialoguer les institutions, les entreprises, les artistes et les citoyens ! »

Lorette restera exposée au barrage Vauban jusqu’au 23 décembre 2018.

Suivez-nous sur Twitter

CONTACTEZ-NOUS


  • Agence CAPAC, 3 rue Thiergarten, 67000 Strasbourg

  • Mathilde : +33 (0)6 42 24 07 81